17 juin 2011

Twitter

Je ne sais trop pour quelle raison, je me suis inscrit sur Twitter. De même que le sentiment de la finitude humaine est le secours des grands malheurs, de même la brièveté imposée par Twitter rachète les longs et pénibles épanchements auxquels le vice nous accule. C'est déjà trop long.
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10 juin 2011

Symptoma

J'ai failli interrompre ma lecture du journal de Michel Leiris à la page 50 et cette phrase « Le prix des mots, c'est le pire de mes maux », tenant l'usage assumé de l'homophonie mots/maux comme un très sûr symptôme de médiocrité poétique. Par clémence, j'ai consenti à n'y voir que l'accès tardif d'une maladie infantile — Leiris alors n'a que vingt-trois ans —, et j'ai poursuivi péniblement ma progression. A la page 67, j'ai lu cette phrase : « Chacun est libre de préférer les jeux de hasard à la rigueur mathématique du jeu d'échecs.... [Lire la suite]
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07 juin 2011

Voilà

Ukraine 1 - France 4. Rencontre fermée, certes, mais pas à périr d'ennui comme s'en plaignaient les commentateurs. Je préfère un 0-0 beau comme une partie d'échecs à un 5-4 ponctué de buts fantasques dûs aux trajectoires imprévisibles d'un ballon tout juste bon pour la plage. Mandanda aurait pu arrêter le tir de Timochtchouk, en effet, mais s'il l'avait fait, aurait-on parler d'exploit ? Non, et pourtant il aurait eu grand mérite à y parvenir. Pour un homme comme Lizarazu, le jeu est ainsi fait : chaque action tolère un bon choix et... [Lire la suite]
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17 mai 2011

Chimère

« On voit, dans les environs de Bamberg, ville d'Allemagne, un arbre qui excite la surprise chez tous les curieux. C'est un pommier qui porte 268 espèces de pommes différentes ; il en portera même un jour plus de 300 ; mais toutes les greffes n'ont pas encore pris. Le propriétaire de cet arbre unique sur le globe, a eu soin d'attacher une étiquette à chaque branche, pour indiquer la qualité de son fruit. Les Russes bivouaquèrent autour de ce roi des pommiers, en 1815, et ils eurent pour lui un respect religieux. » Extrait de... [Lire la suite]
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24 avril 2011

Western spaghetti

La malice et la modestie italiennes : un genre se meurt, le péplum, la mythologie nationale est épuisée. Qu'importe ! Emparons-nous des mythes fondateurs de la Nation dominante et faisons des westerns, selon nos goûts et nos préoccupations. I Giorni dell'ira de Tonino Valerii ou La Resa dei conti de Sergio Sollima sont des films politiques parfaits. Tous ne les valent pas, et Ringo n'arrive pas à la cheville de Django, malgré Giulano Gemma, le cheval de Troie et le retour d'Ulysse. Mais dans les moins réussis, une gueule, un duel, une... [Lire la suite]
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22 avril 2011

Suicide (fait divers, 4)

La Coupe du Roi, arrachée de basse lutte par le Real de Ramos, Pepe et Mourinho, s'est jetée sous un bus.
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20 avril 2011

Pauvre Léautaud

Dans Chronique japonaise, livre particulièrement aimable, Nicolas Bouvier dit son admiration pour l'expression japonaise « une piqûre de guêpe sur un visage en pleurs », équivalent imagé de notre « un malheur ne vient jamais seul ». Pierre Perret connaissait-il cette expression lorsqu'il écrivit dans une de ses plus jolies chansons, Au Café du canal : « Et chaque fois que je tombais dans un carré d'orties, y avait une guêpe qui me piquait dans le cou. » ? La question est sans intérêt, mais au moins celle-ci n'encombre pas les... [Lire la suite]
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18 avril 2011

Lueurs au milieu du naufrage

Des rapides du temps on ne sauve pas que de jeunes et belles entrevues : je ne me souviens de ces derniers jours que de trois vieilles dames dignes. Elle doit être nonagénaire et a bien du mal à se faire remarquer de la caissière du Quick. Chaque fois qu'elle croit y être parvenue, son visage s'illumine, et il rayonne littéralement quand elle obtient ce qu'elle veut — cela tient du miracle, elle ne peut articuler —, une glace à un euro, qui doit être avec mon milk-shake à la vanille le comestible le moins cher du lieu. La deuxième a... [Lire la suite]
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16 avril 2011

A Mantes, heureux amants (fait divers, 3)

A Mantes-la-Jolie, une quadragénaire déchaînée mord trois policiers lors d'un simple contrôle. La Rage ? Le SIDA, prétend-elle pour aggraver son cas.
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14 avril 2011

Rage

Le courage d'entrer dans l'eau, je l'ai aussi trouvé en pensant aux dames de compagnie de la reine dont parle Madame de Sévigné, mordues par un chien enragé, nues dans l'eau froide de Dieppe, en plein hiver. A cette époque on soignait la rage par des bains de mer et des thériaques à base d'encens, de gentiane et d'écrevisse. Tout cela nous semble loin, mais il meurt encore chaque année de la rage plus de cinquante mille personnes, ce qui représente pas loin de deux Dole ou d'une vingtaine de Langogne. De cette maladie terrifiante,... [Lire la suite]
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