Tout ce que je sais des déclarations de Macron sur le maréchal Pétain : des sous-titres sur BFM aperçus de l'autre côté d'une vitrine, la retranscription d'un commentaire d'Alain Duhamel sur RTL, dont je me permets d'extraire ce remarquable paragraphe :

« Une réaction du Crif compréhensible, voire légitime. Les Juifs ont été pendant la Seconde Guerre mondiale tellement injustement traités, spoilés et déportés, que le fait que le Crif réagisse par un cri de colère en entendant parler de cette période c'est tout à fait compréhensible. »

On ne peut qu'admirer la précision de l'information, le soin philatélique dans le choix des mots et leur retranscription, avec tout de même une réserve pour l'expression « cette période », puisqu'il y a précisément deux périodes distinctes et qu'en les confondant, on ne comprend rien à l'histoire. On ne va pas plaindre Macron pour autant, puisqu'il procède aussi malhonnêtement avec ses parallèles entre notre époque et les années 30. J'imagine que Twitter et Facebook bouillonnent de commentaires éclairés et cela me rend un peu triste. Parfois j'ai l'illusion bienheureuse qu'il n'y a que des malentendus, qu'au fond nous sommes tous d'accord, à l'exception de quelques puissants qui auraient tout à craindre de notre union. Puis je vais sur Facebook. La théorie des six poignées de main y trouve une triste actualisation : on est à deux « amis » d'un crétin, qui utilise l'écriture inclusive ou appelle au meurtre.

Cinq heures du soir, le ciel est encore bleu mais la nuit s'annonce. Je sens une goutte — j'aime cette expression —, je l'annonce et l'on me regarde avec l'incrédulité habituelle qui accueille les pionniers. Il faut dire qu'il n'y a pas un nuage au-dessus de nos têtes. La pluie fait pourtant d'irréfutables ronds dans l'eau noire d'une flaque, qui reflète la cime des peupliers et un ciel sans nuage : le monde. Voilà qui nous ressemble : nous ne sommes que des flaques dans lesquelles le monde miroite.