07 mai 2009
Bénéfice des rues
Au feu rouge, je proteste mais finalement laisse le Gitan laver mon pare-brise, bien sale après un mois d'immobilisation forcée — j'avais fini par me faire à l'idée que ma vieille voiture était une épave, mais le Marocain du troisième a fait des miracles. Surtout, je viens de lire Rue des Maléfices de Jacques Yonnet, aiguillé, aiguillonné par cette note d'Ornithorynque, et j'ai tendance à voir depuis en chaque Bohémien un mage. Je donne une pièce d'un euro, range mon portefeuille, constate du coin de l'œil la maladresse du Gitan qui a fait tomber la pièce dans l'habitacle, la cherche puis très vite renonce, donne un autre euro. Arrivé chez moi, je ne retrouve qu'une pièce de cinq centimes : il est juste que l'astuce soit récompensée.
Commentaires
"L'injustice est le seul désordre" disait Eluard.
J'ai découvert votre blog et partant votre beau texte sur le dernier Chabrol et le cinéma, qui donne envie de vous lire plus souvent sur le sujet...
C'est gentil, mais d'autres, dont vous êtes, le font avec beaucoup plus d'intelligence et de goût !
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