16 novembre 2010

Véhicule de courtoisie

Par quel mystère de l'évolution le motard, cet être de cuir et de mépris dont la gamme s'étendait — bien peu — du sympa, fan de Johnny Hallyday, au terrible Hell's Angel, est-il devenu en quelques années ce monstre de courtoisie prêt à risquer sa vie en tendant la jambe pour exprimer sa gratitude ? On se mettrait dans le fossé pour le satisfaire et quand, malgré tout notre zèle, un rustre spécimen nous dépasse sans le moindre geste ni regard, on se sent comme la rombière dévote à la sortie de la messe, lésée dans son bon droit par le... [Lire la suite]
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08 novembre 2010

Pauvre Martial

Les enseignes partout annoncent « E. Leclerc »,En déférent hommage à Edouard le père ?Plutôt pour permettre l'anagramme crécelle, Pour le fiston bavard et ses grosses ficelles.
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06 novembre 2010

Gueugnon

« Les manteaux homme ne sont pas disponibles à Gueugnon. » Ce pourrait être là le vers d'un quelconque tâcheron surréaliste, ou le titre du prochain Katherine Pancol, ce n'est qu'une phrase minuscule en dernière page d'une publicité Auchan.Pourquoi les manteaux homme, et pas les manteaux femme ? Il y a des hommes à Gueugnon, et l'hiver il y fait froid pour les deux sexes. Eh bien, il n'y a pas non plus de manteaux femme à Gueugnon (p.67), ni blousons ni trench (p.68), ni parkas ni doudounes (p.69), ni blousons ni parkas pour les... [Lire la suite]
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27 octobre 2010

Les modernes contre le cacique

Nous avons perdu ce soir : je crois que je m'endormirai plus vite.Trois mots sur Georges Frêche, qui ne soient pas les mêmes répétés partout ad nauseam : bâtisseur, visionnaire, provocateur. Jamais l'éloquence funèbre n'a été si pauvre et chacun semblait satisfait de la trouvaille, pondération au plus juste de l'éloge. Quand on se voulait plus critique, on évoquait les dérapages verbaux ; Christophe Girard fit même la publicité de sa non-tristesse. Le rhéteur était enfin mort, l'étrécissement du champ pouvait se poursuivre.
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23 octobre 2010

« Demain il ferait jour, et la route était encore longue... »

Nous avons gagné. Ainsi s'achève un livre précieux (Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes) et ainsi commencent de bien mauvaises notes. Il semble que je n'écrive ici qu'à la sortie du terrain, pour tuer les longues heures qui me séparent d'un repos mérité. Il faut que la pression retombe, que les muscles se détendent et que l'esprit se réadapte au monde. Si j'avais été footballeur professionnel, combien de temps cela aurait-il pris ? J'ai marqué un but de la tête — soyons honnête : du dos. Je marque beaucoup en ce moment,... [Lire la suite]
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13 octobre 2010

Mélancolie française

En France, on n'a pas de Pétrone, mais on a Derrida.
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12 octobre 2010

Olé, ola, au lit.

Vendredi j'ai reçu une béquille sur la cuisse droite. J'ai boité bas pendant trois jours, avec optimisme : trois jours c'est ce qu'il faut pour se remettre d'une grosse béquille, et c'est le temps que j'avais entre les deux matchs. Sauf qu'en boitant j'ai déréglé la machinerie, et endolori mes adducteurs. Nous avons gagné ce soir, j'ai marqué de la tête sur corner, mais j'étais empoté comme jamais. Il faudrait être mécanicien de son propre corps. Qui sont ces gens qui garnissaient samedi les tribunes du Stade de France ? Ce n'est... [Lire la suite]
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06 octobre 2010

Going Back

Pire crime contre le goût a-t-il été commis que les logos des clubs professionnels français de hockey sur glace ? Oui. Phil Collins publie un album de reprises de la Motown : le pire tentant de faire ami-ami avec le meilleur. Dans American Psycho, la passion de Patrick Bateman pour Genesis et autres représentants du rock dit progressif est une aberration telle que ses crimes à côté peinent à impressionner le lecteur. Je suspectais Easton Ellis de partager ce goût, j'ai appris récemment qu'il n'en était rien et qu'il s'imposa un... [Lire la suite]
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30 septembre 2010

Filature

Agis toujours en sorte qu'un biographe imaginaire féru de psychologie ne puisse un jour, sans se couvrir de ridicule, expliquer ta trajectoire.
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16 septembre 2010

Soudage

Le dernier film que j'ai vu au cinéma est Bellamy de Claude Chabrol. Si je décidais — ou le sort pour moi — de n'y plus retourner, je donnerais à cette phrase un semblant d'éternité. Et à Chabrol ? Bon vivant, il fera un très bon mort : son œuvre clos et le recul permis pour une vue d'ensemble raviront les lucides. Quant aux autres, ils continueront à en faire le cinéaste de la bourgeoisie de province, anodine entité, pour ne pas voir ce qu'il a montré de la bourgeoisie, et de la France. Avant Bellamy, j'avais vu La Demoiselle... [Lire la suite]
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