27 octobre 2010

Les modernes contre le cacique

Nous avons perdu ce soir : je crois que je m'endormirai plus vite.Trois mots sur Georges Frêche, qui ne soient pas les mêmes répétés partout ad nauseam : bâtisseur, visionnaire, provocateur. Jamais l'éloquence funèbre n'a été si pauvre et chacun semblait satisfait de la trouvaille, pondération au plus juste de l'éloge. Quand on se voulait plus critique, on évoquait les dérapages verbaux ; Christophe Girard fit même la publicité de sa non-tristesse. Le rhéteur était enfin mort, l'étrécissement du champ pouvait se poursuivre.
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23 octobre 2010

« Demain il ferait jour, et la route était encore longue... »

Nous avons gagné. Ainsi s'achève un livre précieux (Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes) et ainsi commencent de bien mauvaises notes. Il semble que je n'écrive ici qu'à la sortie du terrain, pour tuer les longues heures qui me séparent d'un repos mérité. Il faut que la pression retombe, que les muscles se détendent et que l'esprit se réadapte au monde. Si j'avais été footballeur professionnel, combien de temps cela aurait-il pris ? J'ai marqué un but de la tête — soyons honnête : du dos. Je marque beaucoup en ce moment,... [Lire la suite]
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13 octobre 2010

Mélancolie française

En France, on n'a pas de Pétrone, mais on a Derrida.
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12 octobre 2010

Olé, ola, au lit.

Vendredi j'ai reçu une béquille sur la cuisse droite. J'ai boité bas pendant trois jours, avec optimisme : trois jours c'est ce qu'il faut pour se remettre d'une grosse béquille, et c'est le temps que j'avais entre les deux matchs. Sauf qu'en boitant j'ai déréglé la machinerie, et endolori mes adducteurs. Nous avons gagné ce soir, j'ai marqué de la tête sur corner, mais j'étais empoté comme jamais. Il faudrait être mécanicien de son propre corps. Qui sont ces gens qui garnissaient samedi les tribunes du Stade de France ? Ce n'est... [Lire la suite]
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06 octobre 2010

Going Back

Pire crime contre le goût a-t-il été commis que les logos des clubs professionnels français de hockey sur glace ? Oui. Phil Collins publie un album de reprises de la Motown : le pire tentant de faire ami-ami avec le meilleur. Dans American Psycho, la passion de Patrick Bateman pour Genesis et autres représentants du rock dit progressif est une aberration telle que ses crimes à côté peinent à impressionner le lecteur. Je suspectais Easton Ellis de partager ce goût, j'ai appris récemment qu'il n'en était rien et qu'il s'imposa un... [Lire la suite]
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30 septembre 2010

Filature

Agis toujours en sorte qu'un biographe imaginaire féru de psychologie ne puisse un jour, sans se couvrir de ridicule, expliquer ta trajectoire.
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16 septembre 2010

Soudage

Le dernier film que j'ai vu au cinéma est Bellamy de Claude Chabrol. Si je décidais — ou le sort pour moi — de n'y plus retourner, je donnerais à cette phrase un semblant d'éternité. Et à Chabrol ? Bon vivant, il fera un très bon mort : son œuvre clos et le recul permis pour une vue d'ensemble raviront les lucides. Quant aux autres, ils continueront à en faire le cinéaste de la bourgeoisie de province, anodine entité, pour ne pas voir ce qu'il a montré de la bourgeoisie, et de la France. Avant Bellamy, j'avais vu La Demoiselle... [Lire la suite]
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09 août 2010

A propos de la technique

   « Notre maison se fera sans doute, peu à peu, plus humaine. La machine elle-même, plus elle se perfectionne, plus elle s'efface derrière son rôle. Il semble que tout l'effort industriel de l'homme, tous ses calculs, toutes ses nuits de veille sur les épures, n'aboutissent, comme signes visibles, qu'à la seule simplicité, comme s'il fallait l'expérience de plusieurs générations pour dégager peu à peu la courbe d'une colonne, d'une carène, ou d'un fuselage d'avion, jusqu'à leur rendre la pureté élémentaire de la courbe d'un... [Lire la suite]
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26 juillet 2010

Commerce équitable

J'ai passé la journée d'hier dans un vide-grenier, non en tant que chaland, mais avec le triple rôle de chauffeur, docker et vendeur, moi qui n'ai jamais rien vendu — sinon ma petite sœur en maternelle, et finalement l'affaire ne se fit pas. Je ne vendais pas mes affaires, aussi loin d'ici que d'être vendables, à l'exception de quelques livres surnuméraires : j'en ai recueilli beaucoup ces dernières années, fâché de voir tant de chefs d'œuvre bradés pour quelques centimes, et j'essaie désormais d'instaurer un équilibre entre mes... [Lire la suite]
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23 juillet 2010

Ici Londres

    Les Monty Python, Saki, Chesterton, Manchester United, Stevenson, Conrad, George Orwell, Evelyn Waugh, tous s'y étaient essayé sans grand succès : les éponges anglaises pour faire la vaisselle m'ont enfin rendu anglophile. Si on entend souvent parler du meilleur job du monde, je m'intéresse plus volontiers au pire. Je croyais l'avoir trouvé au château de Versailles, dans je ne sais quelle chambre exiguë et sombre, jadis privée, où un pauvre hère, aberré dans la foule, répétait inlassablement « No flash, pas de flash... [Lire la suite]
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