28 septembre 2018

Les papillons... les papillons...

Ils avaient pâle allure tous ces papillons nacrés au liséré brunâtre, échoués en plein jour dans les rues de notre village : la fameuse pyrale du buis était arrivée jusqu'à nous. Imagine-t-on une invasion de papillons flamboyants sous nos latitudes ? Est-ce que la prolifération nocive va nécessairement de pair avec le terne de la livrée ? Question idiote — il s'agit de papillons de nuit —, typique de mes réflexes de pensée : les oiseaux au plus beau chant différent-ils systématiquement de ceux aux couleurs vives ? Quels sont les... [Lire la suite]
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26 septembre 2018

Tout ça pour ça

Lundi soir, je tombe sur Un Homme et une Femme ; je ne l'avais jamais vu, j'en regarde une demi-heure. Le film est épouvantable, Jean-Louis Trintignant me fait penser à Macron, Anouck Aimée à Jenifer — ce qui est mieux, mais qu'est-ce qu'elle minaude ! —, un montage heurté mais dépourvu de rythme tient lieu de continuité narrative : c'est bien beau de préférer la vie à l'art, comme on le fait dire à Giacometti, mais alors il ne faut pas faire œuvre. Et pourtant, je regarde le film avec un certain plaisir, celui que procure un document... [Lire la suite]
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26 septembre 2018

Automne

Il est presque midi, dimanche, et le carillon de l'église, dans la ville en contrebas, joue À la claire fontaine. J'interromps mon débroussaillage pour écouter cette mélodie qui toujours m'évoque non pas des souvenirs d'enfance vécus, mais des imaginaires, quand je rêvais d'une France lointaine peuplée de chevaliers et de bergers. Un homme ahanant me ramène au temps présent ; il remonte en courant le chemin de pierres, que nous avons cessé, avec le temps, d'appeler chemin des ânes, alors que ses nouveaux habitués font tout pour nous... [Lire la suite]
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21 septembre 2018

Dioscures

Je lis Parler au papier, carnets de Jean Rodolphe de Salis, que je ne connaissais pas et que j'associais sans doute inconsciemment au créateur du Chat noir. Je comprends vite que notre homme est suisse, mais, ce qui me déboussole, la faute à son nom, qu'il écrit en allemand et que ses carnets sont traduits en français. Je découvre cela en naviguant de l'avant-propos à la page de garde, prenant lentement mes marques à l'entrée de ce livre. Pour m'y aider, à la première page (24 juillet 1981) : « Hier, visite de Jérôme... [Lire la suite]
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12 septembre 2018

Coupé du monde

    Je n'ai jamais été plus ému, pendant cette Coupe du monde, qu'à la vue de ces images. J'avais joint la foule en liesse, à la recherche de communion, mais il y avait un anachronisme entre la victoire et la joie, qui m'avait laissé un peu en retrait. Pour le dire vite, la fête était organisée avant l'heure, et n'avait pas de rapport avec la victoire : chacun voulait revivre la joie de 1998, et plus encore s'il ne l'avait pas connue. C'était une joie d'imagination qui se réalisait sans surprise, sans kairos. Et puis... [Lire la suite]
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07 août 2018

Ascendant lion

Mon grand-père, s'il avait vécu au-delà de 1991, aurait eu cent ans aujourd'hui.
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04 août 2018

Un sot est un sot

Allongé sur le tapis au pied du lit de mon aîné, il y a dix minutes, je cherche à le persuader qu'il a tort de retenir ses selles, en prenant garde de n'exagérer ni l'importance que cela a pour nous, ni la dépréciation de ces matières naturelles, et je ne trouve qu'à dire : « le caca, c'est le caca.» Intérieurement, je raille mon éloquence, je pense à Barthes lu à vingt ans, âge impressionnable, et sa condamnation de la tautologie poujadiste : « un sou est un sou ». Et j'étais tout fier alors de dénoncer les tautologies comme d'autres... [Lire la suite]
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31 juillet 2018

Breaking evil

Walter White, incarnation de la mauvaise conscience des scénaristes. Génie du mal, quoique guidé par de bonnes intentions : mettre sa famille à l'abri du besoin, et durer suffisamment longtemps pour le faire. Sa survie est d'abord conditionnée par la réussite de son entreprise, par son succès public ; puis, une fois qu'il est assuré, c'est l'hybris qui mène Walter White, car une série pour durer doit renouveler ses artifices et tendre vers l'inflation. Le spectateur ne peut s'identifier au héros principal, c'est d'ailleurs la... [Lire la suite]
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30 juillet 2018

Utopie

Souvenir de film : les enfants de L'Argent de poche qui se racontent l'épisode de Colombo passé à la télé la veille et qu'un n'a pas pu voir, ou voir en entier. Est-ce qu'aujourd'hui on se raconte les séries ? Il semble que tout le monde regarde La casa de papel, j'en entends parler autour de moi, mais jamais de l'histoire : la version de Bella Ciao, les masques, le remontage par Netflix et une appréciation positive mais jamais enthousiaste, voilà tout ce que j'en sais, qui ne me donne pas envie d'y aller voir de plus près. Les séries... [Lire la suite]
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19 juillet 2018

DDD Chant

J’ai peu de souvenirs du joueur Didier Deschamps. Je moquais le manque de puissance de sa frappe de balle, je méconnaissais ses qualités techniques tant il en faisait peu étalage sur le terrain, probablement aussi ses qualités physiques à une époque où les statisticiens ne les quantifiaient pas. C’était ce qu’on appelait un porteur d’eau, au service de l’équipe et plus particulièrement de Zidane, un élément indispensable à la victoire : la seule image qui me reste, c’est d’ailleurs lui soulevant des trophées. Et sur le terrain,... [Lire la suite]
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