20 avril 2011

Pauvre Léautaud

Dans Chronique japonaise, livre particulièrement aimable, Nicolas Bouvier dit son admiration pour l'expression japonaise « une piqûre de guêpe sur un visage en pleurs », équivalent imagé de notre « un malheur ne vient jamais seul ». Pierre Perret connaissait-il cette expression lorsqu'il écrivit dans une de ses plus jolies chansons, Au Café du canal : « Et chaque fois que je tombais dans un carré d'orties, y avait une guêpe qui me piquait dans le cou. » ? La question est sans intérêt, mais au moins celle-ci n'encombre pas les... [Lire la suite]
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18 avril 2011

Lueurs au milieu du naufrage

Des rapides du temps on ne sauve pas que de jeunes et belles entrevues : je ne me souviens de ces derniers jours que de trois vieilles dames dignes. Elle doit être nonagénaire et a bien du mal à se faire remarquer de la caissière du Quick. Chaque fois qu'elle croit y être parvenue, son visage s'illumine, et il rayonne littéralement quand elle obtient ce qu'elle veut — cela tient du miracle, elle ne peut articuler —, une glace à un euro, qui doit être avec mon milk-shake à la vanille le comestible le moins cher du lieu. La deuxième a... [Lire la suite]
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16 avril 2011

A Mantes, heureux amants (fait divers, 3)

A Mantes-la-Jolie, une quadragénaire déchaînée mord trois policiers lors d'un simple contrôle. La Rage ? Le SIDA, prétend-elle pour aggraver son cas.
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14 avril 2011

Rage

Le courage d'entrer dans l'eau, je l'ai aussi trouvé en pensant aux dames de compagnie de la reine dont parle Madame de Sévigné, mordues par un chien enragé, nues dans l'eau froide de Dieppe, en plein hiver. A cette époque on soignait la rage par des bains de mer et des thériaques à base d'encens, de gentiane et d'écrevisse. Tout cela nous semble loin, mais il meurt encore chaque année de la rage plus de cinquante mille personnes, ce qui représente pas loin de deux Dole ou d'une vingtaine de Langogne. De cette maladie terrifiante,... [Lire la suite]
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12 avril 2011

S'il gèle à la Saint-Stanislas, on aura deux jours de glace

11 avril, deuxième baignade de l'année. Il six heures du soir, le vent a fraîchi l'eau, le soleil a presque achevé son déclin et je commence tout juste le mien. Courageuse, ou simplement normande, elle s'immerge sans barguigner ; pour ne pas perdre la face, et tant que mes jambes coupées parviennent encore à me mouvoir, je plonge, puis sors sans m'attarder, sous l'oeil goguenard des crabes vengés.
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10 avril 2011

A la Sainte-Constance, plein hiver en France.

Première baignade de l'année, un 8 avril. L'eau, déjà chaude, est encore claire : on voit déambuler des crabes aux grands yeux surpris d'être si tôt dérangés. Je m'accommode plutôt bien du réchauffement climatique.
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08 avril 2011

Interlude, 2 (variante)

  Nous avons gagné ce soir, mais j'ai failli coûter l'égalisation à quelques secondes du terme sur une des pires maladresses de toute ma vie — laquelle j'ai vue défiler avant que l'erreur se révèle sans conséquence.
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06 avril 2011

Interlude

  Evidemment, dit comme ça, c'est un peu moins impressionnant.
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04 avril 2011

César Cascabel

                                      Quand on trouve un si joli nom, on en fait un titre, rien de plus normal.César Cascabel, sa famille et leur roulotte digne du Capitaine Nemo, se mettent en route en Amérique pour retrouver la Doulce France. Dès le début du voyage, ils se font voler leur pécule par deux coquins. On ne reverra ni l'un ni les autres,... [Lire la suite]
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02 avril 2011

Biscuit

Je me suis rendu compte que, m'étant mal fait entendre, un « quoi », un « comment » ou pire un « hein », prononcé là où j'attendais un « pardon », provoque un léger heurt dans les profondeurs, bien relatives, de mon être et un imperceptible malaise à l'épicentre de ma conscience. Il n'est pas ici question d'un défaut de politesse chez l'autre, mais d'un excès pathologique de délicatesse chez moi. La vie est pleine de choses qui blessent le cœur, écrivait l'une, de choses redoutables, écrivait l'autre ; celle-ci ne peut raisonnablement... [Lire la suite]
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