18 janvier 2019

L'heure bleue

Nouveau rêve heureux la nuit dernière, difficilement partageable car dépourvu de trame narrative. Disons que j'avais le sentiment d'atteindre enfin une parfaite synchronicité : prospectives et rétrospectives n'avaient plus de raisons d'être, je n'avais plus à consumer mon temps à programmer l'emploi que j'allais en faire ou à raconter l'usage que j'en avais fait. Tout le malheur semblait provenir de cette incapacité à vivre le présent, de ce dérisoire décalage temporel. Il était enfin aboli. Mon rêve était-il si théorique ? Non, il... [Lire la suite]
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15 janvier 2019

Je rêve que je dors

Les récits de rêve m'ennuient. C'est sans doute qu'ils sont difficilement partageables, que tout ce qui nous séduit au réveil est tissé d'intime, souvenirs et impressions, et plus encore nimbé d'un charme illusoire que le rêve a lui-même créé. Mais le récit de rêve est tout de même un récit, et c'est parce que les surréalistes inventaient les rêves les plus incohérents, comme la poésie la plus surprenante, que leurs créations dans ces deux domaines sont des moins dignes d'intérêt. Mes rêves sont tout à fait raisonnables. Lorsqu'une... [Lire la suite]
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07 janvier 2019

Moteur

Lorsqu'on tape « actrice italienne » dans le moteur de recherche Google, il vous est suggéré d'y ajouter « moche ». La requête est insolite, signe d'une perversion certaine, ou d'une paraphilie comme on dit aujourd'hui par souci de neutralité. Chercher la laideur chez les actrices italiennes est assez peu conformiste en effet, mais le paradoxe est que cette passion marginale est devenue la plus fréquente sur le moteur de recherche. Cela s'explique assez bien. Qui commence sa requête par « actrice italienne » la complète généralement... [Lire la suite]
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06 janvier 2019

La vie est un slalom

Myrna Loy, ou Mina Loy ? Après tout la poétesse était en Italie au temps du futurisme. Elle était née Löwy, à Londres, en 1882, se baptisa Loy pour esquiver l'antisémitisme, et selon certaines sources pour faire français lors de sa première exposition parisienne : c'était la Belle Époque, Paris était le centre du monde. Il faudrait alors prononcer Loy comme le mot « loi » en moyen français et dire de Mina qu'elle fut Loy de Cravan, car elle l'épousa à Mexico un jour d'avril 1918. De Loy alors elle devint LLoyd, le vrai nom du poète... [Lire la suite]
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05 janvier 2019

Tu vuò fà l'americano

Nanni Loy s'appelait en réalité Giovanni Loi, il faut croire que le y donnait à son nom une petite touche anglo-saxonne. On aurait tort de juger ridicule cette façon de faire l'Américain : on sait qu'en italien, on ne dit pas "je suis maçon" mais "je fais le maçon". Sergio Leone choisit pour pseudonyme Bob Robertson, c'est un enfantillage (son père se faisait appeler Roberto Roberti), mais cela ne l'empêche pas de renouveler le genre du western. Il n'y a qu'un Italien pour savoir si heureusement user du masque et pousser la... [Lire la suite]
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04 janvier 2019

Portrait

Au générique des Surprises de l'amour (Comencini, 1959), en tête de distribution, on pouvait lire le nom de Dorian Gray. Choisir un pseudonyme dans une œuvre d'art n'est pas rare, mais il est étrange de prendre celui d'un personnage principal dans une œuvre fameuse : on n'imaginerait pas Sagan se baptiser Guermantes. La jeune Luisa Maria Mangini pouvait-elle ignorer la célébrité du personnage et ne voir en lui qu'un nom qui avait le double avantage de sonner féminin et anglo-saxon ? Ou bien une identification profonde à Dorian... [Lire la suite]
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03 janvier 2019

Onomastique

Guénolé Azerthiope, ce n'est pas mal, c'est une bonne blague de pataphysicien, mais je me souviens avoir vu nom plus remarquable au générique de je ne sais plus quel film, sans doute Top Hat avec Fred Astaire : Hermes Pan. Pan n'est que l'abréviation de Panagiotopoulos, m'apprend notre informateur à tous, qu'importe, le chorégraphe en se baptisant ainsi avait ressuscité l'Hermopan que mentionne l'Encyclopédie, cette dyade créée par le syncrétisme religieux, fusion des dieux Hermès et Pan : le Dieu des voyageurs, des voleurs, des... [Lire la suite]
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02 janvier 2019

Poule et frites

Poule et frites, Luis Rego, 1987. La laideur a rarement dans un film tenu tant de place. Les coiffures : des brosses, des crêtes, des choucroutes bâclées, des mulets et même une banane pour Galabru ; les tenues : shorts fluos, chemises bariolées, jeans et cuirs, monokinis échancrés et la palme encore pour Galabru en débardeur transparent ; les personnages : une chanteuse sado-maso baptisée Véra Moutarde, Claire Nadeau en peintre de nains de jardin, Anémone en maîtresse râleuse et bécasse, Eva Darlan en Harvey Weinstein saphique, tous... [Lire la suite]
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01 janvier 2019

Au gui l'an neuf

Courage et santé pour la nouvelle année !
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30 novembre 2018

Les jeunes filles en fleurs de la rhétorique

« Cette plasticité donne beaucoup de variété et de charme aux gentils égards que nous montre la femme, et celle à qui nous ne plaisons pas ou qui ne nous laisse pas voir que nous lui plaisons, prend à nos yeux quelque chose d'ennuyeusement uniforme. Mais ces gentillesses elles-mêmes, à partir d'un certain âge, n'amènent plus de molles fluctuations sur un visage que les luttes de l'existence ont durci, rendu à jamais militant ou extatique. » (À l'ombre des jeunes filles en fleurs) Militant ou extatique, le choix des mots déconcerte.... [Lire la suite]
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