19 janvier 2008

Néologisme

    « Il arrive qu'un néologisme de basse naissance, de formation demi-savante, dont les délicats se détournent, l'abandonnant aux amateurs de nouveautés voyantes et bon marché, trouve un jour, après quelques années de stage dans les journaux populaires, un écrivain qui l'adopte et qui l'emploie, peut-être une seule fois, mais avec tant de justesse et d'à-propos, qu'il il lui fait un sort, le rend possible, acceptable, le fait recevoir dans la langue écrite, ou plus exactement, dans cette langue écrite consolidée qu'on nomme... [Lire la suite]
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17 janvier 2008

Villeneuve

A la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, le grand cloître a été vitré, les cellules sont chauffées, électrisées, occupées à résidence par des artistes contemporains. D'autres salles accueillent l'exposition d'un peintre, contemporain avec désinvolture — il est mort. Deux écrans de télévision se font face, qui montrent ses œuvres. Dans un recoin, enfin, j'avise un Solitaire : c'est un jeu à gratter de la Française des Jeux. Il n'est pas gagnant.
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14 janvier 2008

Passe montagne

« Sa blessure créa, paysage rocheux,Une combe où mourir sous un ciel immobile. » Yves Bonnefoy, Du mouvement et de l'immobilité de Douve.      Nous aussi on a nos grands espaces, des forêts occultes proches des autoroutes, auxquelles on songe parfois, le nez dans un moteur ou dans un verre de vin. On fait des plans alors, on cherche la forme pure, on rêve au grand oiseau de bois posé dans une combe.    Il tranchait une stalactite avec son Laguiole et s'en faisait des glaçons :... [Lire la suite]
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11 janvier 2008

Tour et détour en France

Dans Passe montagne, on cherche une combe, la combe magique, où poser le grand oiseau de bois. Partout dans le film, dès le générique de début, on voit des cartes, de belles cartes d'état-major, des rafistolées qui ont vu du terrain et d'autres qui ne le sont pas. La combe magique, c'est sans doute celle-ci : la pliure déchirée sur la carte de Serge, ouverture sur l'imaginaire. La combe chez Manchette n'est pas la combe jurassienne. Le Jura n'apparaît qu'indirectement, mais de jolie manière. Samuel Farakhan (La Princesse de sang) boit... [Lire la suite]
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04 janvier 2008

Motif

« [...] une combe boueuse où glougloutait un ruisseau à demi recouvert par la végétation. »Manchette, Ô dingos, ô châteaux. « A force de descendre, en effet, il avait atteint le fond d'une petite combe boueuse, pleine de débris végétaux à divers stades de la décomposition. »Manchette, Le Petit Bleu de la côte Ouest. « Le convoi franchit le lit sec d'un cours d'eau saisonnier. A l'occasion, cette combe s'emplit pour peu de temps d'une eau mousseuse et malpropre qui charrie à grande vitesse toutes sortes de débris. »Manchette et... [Lire la suite]
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03 janvier 2008

Voeu

Toi qui passes ici et que mon tutoiement n'offense, que la terre te soit cette année légère.
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04 décembre 2007

Masse et impuissance

Après le football de rue, le football de ruée : Dans la Foule, Laurent Mauvignier. Je me demande bien ce que les gens peuvent penser d'un tel livre. Au hasard, Jérôme Garcin : Comble de l’horreur, ou supplément de cynisme à la violence footballistique, juste après que les victimes eurent été évacuées, le match s’est joué, sur une pelouse ensanglantée, devant 250 millions de téléspectateurs. Résultat : victoire de la Juve grâce au penalty de Platini. Il s’en est même trouvé pour dire, à Turin, que le tireur avait ainsi « vengé nos... [Lire la suite]
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02 décembre 2007

Utopie

La Compagnie des Célestins de Stefano Benni diffère tellement du mauvais livre du jour tel qu'il est produit en série qu'on lui pardonne volontiers de n'être pas parfait. Le football qu'il défend, celui, idéal, des rues, est théorisé en opposition à l'officiel, corrompu par l'argent, mais lui dispute beaucoup plus difficilement la victoire. Si l'interdiction des protège-tibias — j'adopte le pluriel officiel, même s'il me paraît discutable — est en effet une règle primordiale, de même que l'état déplorable du ballon, dégradé par le... [Lire la suite]
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28 novembre 2007

Tu t'laisses aller

Je suppose qu'on devient spécialiste universitaire d'un auteur comme on se marie : par besoin, contrainte, velléité, béguin de jeunesse qui s'évapore avec elle, ou bien admiration sincère et durable. Même dans ce dernier cas, la fréquentation prolongée et exclusive de l'autre finit souvent par engendrer une lucidité impitoyable qui entraîne à faire la publicité de ses défauts et à lui donner systématiquement tort dans les controverses qui l'opposent à un tiers.Chez un vieux couple, cette rudesse peut attendrir ; lorsque sa victime est... [Lire la suite]
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09 novembre 2007

Quel épouvantable dimanche

  « Quel épouvantable dimanche.     Je ne suis pas sorti de ma chambre, sauf pour bondir au restaurant, ce qui a d'ailleurs suffi les deux fois à me tremper jusqu'aux os.     Il continue à pleuvoir ce matin, et il fait très froid.     Je broie des idées noires sur le destin de la civilisation. Elle me paraît vraiment destinée à périr. Il me semble possible d'abattre la puissance militaire allemande, mais non cet esprit de souplesse et de violence à la fois, que rien n'arrête et qui... [Lire la suite]
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