09 novembre 2007

Quel épouvantable dimanche

  « Quel épouvantable dimanche.     Je ne suis pas sorti de ma chambre, sauf pour bondir au restaurant, ce qui a d'ailleurs suffi les deux fois à me tremper jusqu'aux os.     Il continue à pleuvoir ce matin, et il fait très froid.     Je broie des idées noires sur le destin de la civilisation. Elle me paraît vraiment destinée à périr. Il me semble possible d'abattre la puissance militaire allemande, mais non cet esprit de souplesse et de violence à la fois, que rien n'arrête et qui... [Lire la suite]
Posté par planes à 21:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 novembre 2007

Interprétation

Sur un panneau qui dit l'opposition de certains à la construction d'une prison dans ce petit village au nord d'Orléans — on en bâtit beaucoup ces temps-ci et cela suscite exactement les mêmes réactions que l'implantation d'une décharge — est représenté un garçonnet léchant une glace : symbolise-t-il l'innocence, ou la culpabilité ?
Posté par planes à 21:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
25 octobre 2007

Chapon

Marseille ne joue pas, marque par miracle, se fait rejoindre par logique, on trépigne, les jambes impatientes de rejouer, impossible de dormir après ça, l'euphorie qui suit une victoire peu à peu se dissipe en bien-être, la morosité d'un match décevant est un brouillard épais qui s'attarde et s'attache, la télé fait un bien médiocre anti-brouillard mais on finit tout de même par voir percer un visage, celui d'Alain Robbe-Grillet qui parle de littérature, de fantasme et de catharsis, un barbillon de chair pendant sous son cou barbu ;... [Lire la suite]
Posté par planes à 20:58 - Commentaires [2] - Permalien [#]
18 octobre 2007

Gambetto

Tout de même, quand on voit le match de Jérémy Toulalan hier, sa capacité à se placer sur les lignes de passe adverses, à annihiler leurs actions à la base, à abandonner le milieu pour la défense latérale (c'est un roque), on se dit qu'on gagnerait à ne pas systématiquement faire la comparaison du rugbyman et du footballeur au détriment du second.Le rugby offre peut-être le plus beau des spectacles sportifs lorsque son intelligence collective se manifeste en vagues et un jour sa stratégie atteindra sans doute le degré de... [Lire la suite]
Posté par planes à 21:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]
17 octobre 2007

An neuf

Comment monter aujourd'hui Victor ou les Enfants au pouvoir alors que les enfants sont réellement au pouvoir, que tout est dit surréaliste et que plus rien ne l'est ? On a choisi d'opérer un nouveau renversement en confiant le rôle à Lorànt Deutsch, qui paraît la moitié de son âge — le texte a été modifié pour rapetisser le héros — et qui, de l'intelligence de Victor, n'a que la teinture avec application étalée.Dans L'Os à moelle de Pierre Dac, on pouvait lire cette annonce : « Producteur cherche garçonnet de 6 ans, grand pour son... [Lire la suite]
Posté par planes à 09:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
12 octobre 2007

J'avais bien de la peine

« J'avais bien de la peine, quoique je me mordisse les lèvres, à m'empêcher de rire de ce monde renversé. »Cyrano de Bergerac, L'Autre Monde. A part cette très réjouissante lecture, je m'égare tout à l'heure devant la télé, la même émission qu'hier, où l'on parle encore d'un nouveau film, dont la bande-annonce me fait dire que c'est encore un Journal de Bridget Jones, avant de me rendre compte que c'est encore plus mauvais, de le franciser en Journal de Brigitte Jean, d'entendre avec un fort accent pied-noir une réplique sur une... [Lire la suite]
Posté par planes à 22:03 - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 octobre 2007

On est passé à autre chose

Tout à l'heure à la télé, les acteurs venus présenter Le Deuxième Souffle insistent avec une lourdeur suspecte sur la qualité du roman de José Giovanni. Sachant qu'il n'était pas satisfait par l'adaptation de Melville, on se dit que ce film sera peut-être plus fidèle au roman. La bande-annonce détrompe tout de suite, qui fait croire à une parodie de l'original faite par des enfants et coloriée par leurs soins. Sur le plateau on continue à ne pas parler de Melville, jusqu'à ce que Laurent Weil, qui fait un métier bien humiliant, assène... [Lire la suite]
Posté par planes à 21:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 octobre 2007

Aliment à la méditation

   « Si les critiques du hadîth avaient réussi à faire prévaloir leur méthode, et éliminé des recueils "authentiques" tous les hadîth dont les isnâd sont apocryphes, les croyants n'y trouveraient plus que de la "viande sèche" comme aliment à la méditation : quelques prescriptions d'hygiène et de civilité, relatives au nettoyage des babouches, ou au bois dont on doit faire les cure-dents. La critique purement formelle des isnâd n'aurait pas dû sortir de son rôle négatif de servante qui balaie la maison.... [Lire la suite]
Posté par planes à 20:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 septembre 2007

Au théâtre ce soir

A reculons, mais invité, je rétablis par politesse ma démarche pour aller voir cette pièce sur le Vienne de l'avant-guerre. Du bouillonnement intellectuel, naturellement, on n'emploie que Freud et Hitler, brièvement Klimt et Jung. La pièce commence avec retard ; le gérant de la salle vient expliquer qu'un des comédiens a eu un accrochage en voiture.— « J'espère que c'est Hitler », soufflé-je à ma voisine.
Posté par planes à 23:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
27 septembre 2007

Du rythme, encore et toujours

Pourquoi l'attention quelque peu distraite que j'accorde au Tigre du Bengale est-elle soudain captivée par cette scène ?Berger et Seetha s'étreignent et conviennent de fuir ensemble. Il gagne la porte, l'entrouvre avec prudence. Le plan suivant dure deux secondes : on s'attendrait à voir le couloir qu'observe Berger avant de l'emprunter, c'est la chambre, non telle qu'il pourrait la regarder en la quittant, dernier regard vers l'intérieur qu'on ne reverra plus dans les films de Melville, mais saisie par un point de vue transcendant,... [Lire la suite]
Posté par planes à 21:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]