18 novembre 2008

A l'ombre du tilleul : le nom

<!-- @page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> « Mais les noms déçoivent autant que les dieux de bas ordre. » Victor Segalen, Les Immémoriaux.   Enfant, je les regardais qui grouillaient aux alentours des tilleuls, j'observais sans comprendre leur étrange accouplement cul à cul, à l'occasion je dus en écraser un pour faire jaillir de son abdomen une bouillie blanchâtre. Je les appelais bêtes à bon dieu, ignorant que d'autres, plus... [Lire la suite]
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15 novembre 2008

Entomologie et héraldique

Il fallait être Etiemble pour faire de scutelères le dernier mot d'un roman épistolaire amoureux (Blason d'un corps). La scutellère rayée, dite aussi punaise arlequin, ou graphosome italien, mérite comme ses semblables sa réputation d'amant insatiable. Etiemble lui en fait d'ailleurs crédit, mais, soucieux de mêler la mort à l'amour, ou la grande à la petite mort, il inscrit sur le dos de l'hétéroptère, au lieu des sobres lignes noires, « le squelette d'un crâne humain vu de face », motif qui orne plus vraisemblablement le dos du... [Lire la suite]
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30 octobre 2008

Bestiaires

Beautés du Physiologos : « Le Physiologue a parlé des hérissons : ils grimpent sur la vigne, s'attaquent aux grappes, et jettent les grains à terre avant de redescendre. Le hérisson se laisse tomber, le regard tourné vers le haut et les grains se fixent à ses piquants ; il les apporte alors à ses petits en laissant le rameau dénudé. »Le hérisson, animal maléfique, s'en prend aux vignes du Seigneur ; mais chaque animal a plusieurs natures, il le fait pour sa progéniture, le regard tourné vers le haut, comme en extase.Et le paon, dont... [Lire la suite]
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28 octobre 2008

L'art de naguère

J'avais l'intention d'écrire quelques mots sur le Physiologos mais un heureux hasard m'en détourne et me presse d'évoquer un autre sujet. Alors que souvent la visite rendue à quelques blogs voisins me dissuade d'écrire, parce qu'elle épuise le temps dont je dispose et rend manifeste le talent dont je ne dispose pas, un passage ce soir sur le blog d'Alice a l'effet inverse. « Aux faits ! », entends-je quelqu'un crier, qui n'est autre que moi. Dans ce billet, « T'es ok, t'es bath » est attribué à la Compagnie Créole, alors qu'il doit... [Lire la suite]
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21 octobre 2008

Un rythme

  « Il [Jean Rostand] avait notamment conservé quelque temps dans son laboratoire la tête sectionnée d'un lucane, le gros coléoptère noir qui doit son nom populaire de cerf-volant à ses deux fortes mandibules ayant la forme d'andouillers. Une pellicule de parafine recouvrait l'endroit où la tête de l'insecte avait été séparée du corps. Elle avait continué de vivre : les antennes du cerf-volant "répondaient", en bougeant, quand on les touchait du doigt. Ces petits mouvements étaient aussi réguliers que ceux d'un... [Lire la suite]
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16 octobre 2008

Un dard, disait l'individu

   « J'ai vu des tatouages recouvrant tout le corps : un costume complet, c'était l'uniforme de général ou d'amiral. J'ai même vu des dessins et des inscriptions sur la face. L'un avait sur le front : martyr de la liberté et un serpent ; l'autre avait comme inscription cette parole prophétique : le bagne m'attend. Tous deux avaient subi plusieurs condamnations et étaient encore en prévention de conseil.    Sur le ventre, au-dessous du nombril, se trouvent presque toujours des sujets lubriques, des inscriptions... [Lire la suite]
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15 octobre 2008

Martyre

Désormais je retrouve la fatigue douce et familière d'après match et je peux réhabiliter Bossuet, les beautés du sermon sur la mort et celles à peine moindres du sermon sur la Passion de Notre Seigneur : « Le testament de Jésus-Christ a été scellé et cacheté durant tout le cours de sa vie. Il est ouvert aujourd'hui publiquement sur le Calvaire pendant que l'on y étend Jésus à la croix. C'est là qu'on voit ce testament gravé en caractères sanglants sur sa chair indignement déchirée ; autant de plaies, autant de lettres ; autant de... [Lire la suite]
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09 octobre 2008

Grappillon

Des quinze jours qu'ont duré les vendanges, je n'ai presque pas lu, pas tant par fatigue que par imitation. Conquis par le silence bourru de mon hôte, je feuilletais sans plaisir des sermons de Bossuet, finissais par refermer après quelques lignes L'Art de se taire de l'Abbé Dinouart et m'endormais en donnant de virtuels coups de sécateur. Dans la colle mon admiration allait surtout à B., un coupeur de quarante ou cinquante ans, petit, rapide et lui aussi silencieux. Nos rangs voisins, j'observais la perfection technique de sa coupe,... [Lire la suite]
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18 septembre 2008

Inconcevable aventure

« En bas, il y a une combe et des cailloux   De l'eau qui stagne et puis rien.   Un nid de fauvettes; de fins roseaux.   Des voix (c'est évident, des voix).   Personne.   Il faut rentrer. » Charles-Albert Cingria, « Brumaire savoisien », in La Fourmi rouge et autres textes.
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14 août 2008

En Egypte

   « La division Kléber, commandée par Dugua, avait pris la route de Rosette pour protéger la flottille qui était entrée dans le Nil. L'armée acheva de se mettre en marche, les 17 et 18 messidor, par Birket et Demenhour : les Arabes en attaquent les avant-postes, en harcellent le reste ; la mort devient la peine du traîneur. Desaix est au moment d'être pris, pour être resté cinquante pas derrière la colonne ; Le Mireur, officier distingué, et qui, par l'effet d'une distraction mélancolique, n'avait pas répondu à l'invitation... [Lire la suite]
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