Les employés du Burger King s'activent en cuisine. Il y a parmi eux, comme dans les autres restaurants franchisés où il m'est arrivé de m'asseoir, une forte proportion d'obèses. La cause en paraît évidente : ils mangent ce qu'ils préparent et ce régime déséquilibré les condamne à l'engraissement. Moi qui pendant ces vacances ai fréquenté les fast-foods plus que de raison, je sens que cela a suffi à m'empâter un peu. Il est possible aussi qu'ils aient été embauchés déjà pathologiquement gros, pour déculpabiliser le client de céder ce jour-là aux sirènes du gras. Mais peut-être que les restaurants Burger King promeuvent ainsi un certain régime d'extraterritorialité, qui ferait de ses employés des Américains symboliques, comme eux monstrueusement gros en leur milieu, à l'inverse de leur continent sur la carte. Nous serions alors confortés par cet « authentique », par cette couleur locale, de la même façon que la blondeur des vendeuses Ikéa a pour nous quelque chose de spécialement satisfaisant.