Une semaine a passé, en plus des quinze années, et je n'ai rien publié, pour la même raison que je ne l'avais pas fait à l'époque : une erreur de timing. Ces notes auraient dû sur le champ faire note. Note : le nom même de la chose dit à quel point elle est mineure et rend le stade du brouillon superflu. J'ai essayé de me contraindre à sortir de l'à quoi bon de leur publication en prenant à témoin un hypothétique lecteur, alors qu'il faut au contraire se prendre soi-même pour témoin. Je me disais : il doit bien y avoir chaque jour quelque chose à sauver et je devais bien convenir que non, souvent rien ne le méritait. C'était mal poser le problème. Il faut dire : il y a chaque jour quelque chose qui m'a impressionné, m'a ému, et peu importe de savoir si cette chose est partageable : partage-la ! Paradoxalement, il faut n'avoir pas besoin des autres et n'écrire que pour eux, atteindre par le plus extrême égoïsme la plus haute générosité.