31 mai 2018

Le prisonnier

Dans l'épisode 11 de la saison 4 de Breaking Bad, Ted Beneke bute légèrement dans un pli du tapis. Je me souviens avoir naïvement pensé que la chose était admirable : soit l'acteur avait réellement trébuché et la prise avait été conservée pour l'effet de réel, soit l'accident était scénarisé et laissait ouvert le champ des interprétations : était-ce là conséquence de la joie, de la peur, de la culpabilité, pourquoi pas une annonce obscure du destin ? Un peu plus loin dans l'épisode, on comprend que le tapis avait été froissé par les... [Lire la suite]
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23 mai 2018

Coupez !

Breaking Bad, comme How I Met Your Mother, multiplie les prolepses. Une scène extraordinaire ouvre l'épisode, lequel se déploie pour expliquer comment on en est arrivé là. C'est le meilleur moyen de capter l'attention, on devrait sans doute dire de la capturer même. Ainsi Walter White, en slip, une arme à la main, enregistrant une vidéo testament dans le premier épisode de la série. L'incongruité de la scène est renforcée par ce paradoxe : il semble que le héros n'a aucun moyen de s'en sortir et la série commence par ce qui a tout... [Lire la suite]
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17 mai 2018

How to be a father ?

Il y a dans le seizième épisode de la sixième saison de How I Met Your Mother l'une des plus justes conceptions de la paternité que je connaisse. Marshall vient de perdre son père, il peine à surmonter l'épreuve et raconte à Ted un souvenir d'enfance : à l'arrière de la voiture familiale, sur la route des vacances, on le voit enfant, heureux, confiant dans le pouvoir qu'a son père de conduire la nuit. Pour lui qui ne voit pas plus loin que le halo des phares, cela lui paraît digne d'un super-héros. Plus loin dans l'épisode,... [Lire la suite]
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16 mai 2018

Finale

Beau stade, belle ambiance, beau début de match des Marseillais. Et pourtant, on sait comment cela va se passer. À peine est-on pris d'un agréable doute sur l'occasion de Germain. Mais non, sa frappe est si loin du cadre, on sait qu'elle sera à ranger au nombre des occasions-qu'il-ne-faut-pas-manquer-sous-peine-de-le-regretter. L'arbitre est plein d'indulgence paternelle pour les Marseillais, même pas parce que le match a lieu en France, mais parce qu'il a pitié d'eux. Les Espagnols sont très corrects, Godin relève Lopez et Germain,... [Lire la suite]
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15 mai 2018

Wait for it

J'ai découvert How I Met Your Mother des années après tout le monde, commençant la série alors qu'elle était déjà terminée. J'ai beaucoup aimé les premières saisons. Je ne sais plus si c'est la quatrième ou la cinquième que j'ai trouvée ratée, remplie de scènes irréelles, comme si les scénaristes, lassés de tourner en rond, n'avaient trouvé que cette facilité pour s'évader. Ils ont eu beau redresser la barre ensuite, cette tricherie faisait peser un lourd soupçon sur les raisons de cet entêtement à toujours repousser le dénouement de... [Lire la suite]
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14 mai 2018

La très grande case de l'Oncle Sam

Chaque cinquante-sept secondes, en France, un « artiste » prononce cette phrase : « En France, on aime les étiquettes », ou sa variante : « En France, on aime bien mettre les gens dans des cases ». Trois fois sur cinq il s'agit d'un acteur ou une actrice qui explique ainsi l'échec public d'une de ses incursions dans le domaine de la chanson, de la mise en scène ou de la littérature, domaines qui chacun demande quelque perfectionnement technique. Il n'est pas indispensable dans l'art de la comédie, où les héritiers pululent. Et... [Lire la suite]
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13 mai 2018

Entertainment

Le plus réussi, à ma connaissance : Neil Patrick Harris, Tony Award 2013.     Deux ans plus tôt, le It's Not Just for Gays Anymore du même Neil Patrick Harris était déjà une réussite, mais moins impeccable, notamment à cause de Brooke Shields. Là tout est parfaitement léché, il y a Berry Gordy et Mike Tyson gracieux comme un ours, et une flopée d'enfants effrayants de professionnalisme. Avant d'être le Barney Stinson de How I Met Your Mother, Neil Patrick Harris était Docteur Doogie.
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12 mai 2018

Improvisation

Vu quelques extraits d'Édouard Baer présentant la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes. Improvisations sur fond musical, Gérard Daguerre au piano. Baer est le seul à pouvoir faire cela, l'exercice est difficile et il faut une longue pratique, habitudes et trucs permettant au discours de se dérouler sans à-coups ; ainsi ce n'est pas du nouveau pur, comme ça en a d'abord l'air. Son principal mérite : ne pas faire comme les autres, qui font comme les Américains, et forcément moins bien. Son principal défaut : il impressionne la... [Lire la suite]
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11 mai 2018

À quoi bon ?

Sous ses dehors d'interrogation,  « à quoi bon ? » est en réalité une réponse, et peut-être la pire de toutes, parce qu'elle est résignation à la fin de l'histoire. Edouard Baer a intitulé un de ses films Akoibon. J'en garde peu de souvenirs : un hôtel sur une île méditerranéenne, Josée Dayan, un sosie de Gainsbourg, une intrigue qui peine à intéresser le spectateur, et Baer finissant par y renoncer pour s'offrir le plaisir de l'apparition élégante de Moustaki, sans lien avec ce qui précédait. Baer avait refusé l'obstacle, il... [Lire la suite]
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10 mai 2018

Coquille vide

Il y a de cela une quinzaine de jours, j'ai reçu par courrier un numéro de L'Express. Je ne lis pas la presse, sinon dans les salles d'attente, et ma bonne santé pour l'instant m'en préserve. Je l'ai feuilleté, chaque article m'a paru mériter commentaire et je me suis un temps imaginé me lancer dans cette entreprise sur ce blog, quotidiennement. Puis je me suis dit « à quoi bon ? », qui cela peut-il intéresser ce que je pense de Stéphane Guillon ou de Jacques Attali ? Un matin, pourtant, l'idée m'est revenue. Il était tôt, j'étais... [Lire la suite]
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