Depuis la nuit dernière, Jean d'Ormesson n'est plus. Je lis quelques nécrologies, sa page Wikipedia, cherche quelques photos de lui jeune, je n'en trouve que de décevantes sur lesquelles il a l'air vieux, alors que son charme de beau vieillard plutôt que de vieux beau tenait précisément à son air de jeunesse. Ce charme, je ne l'ai éprouvé que lors de ses passages télévisés, où sa gaieté faisait merveille, il fallait vraiment qu'il se mette à parler politique pour en atténuer l'efficace, cela ne manquait jamais, et finalement me dissuadait d'ouvrir ses livres. Je l'ai fait une fois, je crois, pour un portrait de Roger Caillois qui ne me laisse aucun souvenir. Il parlait de son œuvre avec modestie, incertain de sa postérité ; il est temps peut-être de le lire enfin.